Abdou Latif coulibaly est déterminé à faire la politique autrement.Le journalise, candidat à l’élection présidentielle, a décidé avec les Volontaires républicains pour l’alternance et l’innovation au Sénégal (Vrais) de mener une campagne électorale par un financement légitime.Dans son face-à-face avec les journalistes, il a, par ailleurs, déploré l’attitude de la police dans l’affaire Barthélemy Dias.
Bennoo Alternative et son candidat, Abdou Latif Coulibaly, ont organisé une conférence de presse, hier au quartier général de la coalition situé au Point E, sur l’avenue Cheikh Anta Diop. Abdou Latif Coulibaly, a, dès l’entame de son propos, précisé qu’il ne fait plus partie de la famille journalistique. L’ancien patron de la Gazette a affirmé que sa coalition a déjà réalisé 60 % de ses engagements qui se résument à deux points : Choisir un candidat de ‘l’unité et de rassemblement’ et le mettre dans de meilleures conditions de travail. Selon le candidat de Bennoo Alternative, l’objectif de ce face-à-face avec les journalistes est de déterminer leur méthode de campagne pour l’élection présidentielle de 2012. La coalition Bennoo alternative et son candidat ont décidé de faire la politique autrement : ‘Nous allons mettre en place des comités des volontaires républicains pour l’alternance et l’innovation au Sénégal (les VRAIS)’, a déclaré M. Coulibaly. Et d’ajouter que, ‘Ces Vrais vont organiser leur propre vote et vont sensibiliser les citoyens à voter car les citoyens doivent jouer un rôle fondamental pour le choix du président’.
Pour le financement de sa campagne, le journaliste a annoncé que sa coalition va procéder à une campagne de souscriptions financières par les Vrais qui, selon lui est un ‘mode de financement légitime’. Abdou Latif Coulibaly promet en outre de faire une campagne à la hauteur de ses moyens. ‘Contrairement aux partis politiques qui distribuent des milliards pour la campagne, Bennoo alternative va mettre le citoyen au cœur du dispositif. Ce sont les citoyens à la base qui mettent en place leur comité de Vrais et les proposent au sommet. Nous ne viendrons pas à la base pour désigner leurs dirigeants’, rappelle le candidat de Bennoo alternative. L’auteur du livre ‘Comptes et Mécomptes de l’Anoci’ souligne que sa candidature est ’innovante’.
Réagissant sur l’affaire Barthélemy Dias, Abdou Latif Coulibaly affirme que, ‘l’impunité est érigée en règle dans ce pays avec l’affaire Talla Sylla et autres’. Pour le journaliste candidat à l’élection présidentielle, la police a fait une ‘mauvaise enquête c’est pourquoi le dossier est confié maintenant à la gendarmerie’.
Sur l’indépendance des magistrats, il déclare que dès son élection, le Conseil supérieur de la magistrature ne va plus dépendre de la présidence de la République. Non sans ajouter qu’il va autoriser les magistrats à créer des syndicats pour qu’ils puissent dénoncer l’immixtion du pouvoir exécutif. Bennoo alternative et son candidat ont décidé d’organiser des conférences de presse chaque vendredi pour revenir sur l’évolution de leurs actions.
Saliou SECK
samedi 31 décembre 2011
samedi 24 décembre 2011
Après une journée marathon au commissariat : Son arme confisquée, Barthélemy Diaz repasse aujourd’hui
Barthélemy Dias a été libéré hier après des heures passées au commissariat. Son arme lui a été retirée.Convoqué pour les besoins de l’enquête sur la mort de Ndiaga Diouf, le maire de Mermoz-Sacré Cœur doit repasser aujourd’hui devant à la police centrale.Il a par ailleurs fait, hier, des aller-et-retour entre le commissariat et son domicile.Le film d’une journée- marathon.
Barthélemy Diaz a finalement déféré hier à sa convocation au commissariat central de Dakar. L’audition du maire de Mermoz-Sacré-Cœur s’est déroulée sous une haute surveillance policière durant toute la journée. L’accès au commissariat a été complètement filtré. Devant la rue qui mène au commissariat, des policiers sont stationnés pour vérifier l’identité des personnes. Seules, les personnes qui viennent chercher des papiers administratifs sont autorisées à entrer. L’accès aux lieux est interdit également aux journalistes, usagers et vendeurs de journaux et cartes de recharge téléphonique qui avaient l’habitude d’y passer et d’écouler leurs produits.
Annoncé à 10 h, le jeune socialiste, accompagné de ses lieutenants et du maire de Dakar Khalifa Sall, arrive au commissariat à 13 h 25 mn. Il est habillé d’un pantalon en jean et d’une veste en cuir. Dès son arrivée à la police, les jeunes du Mouvement du 23 juin (M23), scandent ‘Libérez Barthélemy!’. Ce qui provoque une dispute entre le commissaire Arona Sy et les jeunes. ‘Je suis un homme libre, je suis en train de faire une enquête et je vous demande de vider les lieux pour que je puisse faire mon travail correctement’, menace le commissaire Sy. Et d’ajouter, ‘Personne ne peut faire une pression sur moi (sic)’. Les jeunes du Mouvement du 23 juin déplorent l’attitude de la police. Selon le rappeur Bibson, ‘Il est anormal que Barthélemy soit maintenu dans les liens de détention alors que les nervis arrêtés ont été libérés’, dénonce-t-il.
Barthélemy Dias ressort du commissariat, en compagnie du commissaire, mais aussi de Khalifa Sall qui tient le volant, pour se rendre chez lui. C’est pour récupérer l'arme du crime et le remettre aux limiers.
Après deux heures d’interrogation, Barthélemy Diaz, à bord du véhicule du maire de Dakar, Khalifa Sall, accompagné par le commissaire Arona Sy se rendent à son domicile. A sa sortie du commissariat, il lançait ces mots aux journalistes ‘Rien a encore commencé, permettez-moi de rentrer chez moi, je vais vous contacter’. Après des moments passés chez les Dias, ils reviennent au commissariat pour un nouveau face-à-face avec les limiers.
A sa sortie du commissariat vers 18 h, le responsable socialiste file tout droit à la place de l’Obélisque pour assister au Congrès du peuple. Barthélemy est accueilli comme un super héro par les membres du M23. ‘Je vais retourner demain à 11 heures à la police centrale. L’enquête peut durer des jours voire des semaines’ a-t-il déclaré sous les applaudissement de la foule.
Saliou SECK
mercredi 29 juin 2011
Canal 4 de la Gueule Tapée
Les maux des vendeurs de mobiliers de maison.
Les commerçants installés à Gueule Tapée aux abords du canal 4 vivent un véritable calvaire. Ils n’arrivent plus à vendre leurs produits. En plus de cela, ils sont exposés à certaines maladies du fait de l’odeur du canal à ciel ouvert.
Des armoires, des lits, des tables de tous genres avec des miroirs qui brillent donnent un décor magnifique aux abords du canal 4 de la Gueule Tapée. Ce décor s’oppose avec ce que les menuisiers et commerçants vivent sur ces lieux. Ils n’arrivent plus à écouler leurs produits. Les meubles importés leur portent un sacré préjudice. Vêtu d’une chemise bleue et d’un jean, le visage crispé, Thierno Lô confie « Les meubles importés nous portent préjudice. Les Sénégalais n’achètent plus la production locale ». Selon lui les clients préfèrent les meubles venant de Dubaï ou de la Chine qui sont chers et pas de qualité. « Les Sénégalais sont bourrés de complexes. Ils aiment acheter une chambre à coucher importée à plus d’un million alors que chez nous elle coûte moins » affirme t-il. Même son de cloche chez Demba Guissé, trouvé en train de nettoyer ses meubles. « Franchement, rien ne marche ici. Les clients viennent rarement. On peut rester une semaine sans voir un client » explique t-il. Selon lui les Sénégalais achètent les meubles importés qui ne sont pas bonne qualité. « Nos meubles sont plus garantis, on vend de la qualité alors que ceux qu’on importe sont des jetables, on s’en débarrasse au bout d’un an » déclare t-il. Déguerpis de la corniche Ouest à l’occasion des chantiers de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), les vendeurs de meubles de maisons reprochent à l'État de ne pas réglementer leur secteur. « Au temps de Abdou Diouf, n'y avait pas de meubles importés. Nous faisions de bons chiffres d’affaires. Mais avec l’alternance, les Sénégalais ont commencé à faire des importations. Ce qui ne nous arrange pas » déplore Lamine Danfa, vêtu d’un maillot de l’équipe nationale de football du Sénégal. Selon lui les Dakarois choisissent d’aller à ORCA (vendeur de meubles importés) pour faire leurs achats.
Ces menuisiers et vendeurs subissent d’autres difficultés. Amadou Gueye, assis sur une chaise en train d’astiquer une armoire, souffre de l’odeur du canal 4 qui sépare les quartiers Fann Hock et Gueule Tapée. « La forte odeur qui se dégage du canal avec ses vapeurs participent à la dégradation rapide du bois » révèle t-il. A quelques pas d’Amadou, se trouve Abdoulaye Diop qui selon lui l’odeur qui dégage donne des maladies comme la tuberculose.
Saliou SECK
Samba Sine alias Kouthia, Comédien et animateur à la Rfm et Tfm
que j'évolue dans le monde de la comédie »
L’humoriste de la Radio futurs médias (rfm) et Télévision futurs médias (tfm) apprécie l’organisation des Sédar et Micro d’or. Dans cet entretien, Samba Sine alias Kouthia est revenu sur sa manière de préparer les émissions qu’il anime pour le Groupe futurs médias. Il a par ailleurs décliné ses perspectives en tant chef de desk comédie de la TFM.
Vous êtes primé meilleur humoriste du Sénégal lors de la cérémonie du micro d'or. Qu'est ce que cela vous fait ?
Je suis vraiment très content parce que je l'attendais très longtemps. Ça fait juste 22 ans que j'évolue dans le monde de la comédie, de l'humour. Il est arrivé au moment.
Que pensez-vous de cette initiative ?
C'est une bonne initiative. Je pense que les organisateurs ont mis en valeur ce prix pour montrer aussi que ce n’est pas seulement les musiciens, les écrivains qui doivent être primés. C'est première fois que je vois qu'on décerne un prix comme le Sédar ou micro d'or à un comédien. Cela prouve que maintenant les gens commencent à distinguer ce que nous faisons. Et cela va nous motiver plus travailler. Je félicite les organisateurs.
Donc vous saluez l'initiative ?
Absolument ! Recevoir un prix en direct de la télévision est un honneur pour moi. Je me rappelle à l'école primaire, lorsque qu'un élève a un tableau d'honneur, il se vante en disant que j'ai reçu une distinction, je suis meilleur élève de la classe. Et ce prix montre qu'aussi je suis meilleur des humoristes sénégalais. Depuis longtemps les gens ont l'habitude de recevoir des prix en direct de la télévision et cela me motive pour accéder au niveau supérieur.
Actuellement vous êtes incontournable à la radio comme à la télévision. Comment avez vous fait pour accéder à ce niveau ?
(Il coupe). C'est un long travail parce que moi je fais de la comédie musicale, de l'humour, de l'imitation. Ce n’est pas facile d'imiter un personnage car si jamais vous ratez l'imitation, vous passez à côté. Il faut cadrer le personnage à imiter, travailler sur la façon dont il parle et dont il s'habille, avoir un niveau intellectuel pour être à la hauteur de l'information pour le bien traiter. Et cela demande beaucoup de travail. Parfois il faut changer de méthodes, essayer de voir les choses qui vont intéresser le public, améliorer ce qu'on fait et essayer de le professionnaliser. Les comédiens doivent faire comme les musiciens c'est-à-dire faire des recherches pour être à la hauteur.
Vous traitez à la radio comme à la télévision des questions d'actualité. Comme sélectionnez-vous les questions à aborder ?
Je sus toutes les radios et toutes les télévisions. Je lis aussi tous les journaux, magazines et hebdomadaires. Je me lève aussi très tôt pour écouter les revues de presse de la Rfm, de Walfadjiri, de Zikfm etc. Je le fais parce que je suis obligé d'être au diapason de l'actualité pour permettre aux auditeurs et téléspectateurs de savoir ce qui se passe au Sénégal et dans le monde.
Vous imitez des personnes de hautes autorités comme les membres du gouvernement et même le président Wade. Avez-vous une fois rencontré des problèmes avec ces personnes ?
(Il coupe). Non, je n'ai jamais rencontré des problèmes car moi je me base à l'actualité. Je fais du satirique et je suis obligé de respecter les normes. Au Sénégal comme en partout en Afrique, la culture africaine et surtout celle sénégalaise ne nous permet pas de dire n'importe quoi sur une personne. Si même l'actualité est triste, je peux changer cette tristesse en humour et les gens vont comprendre que je voulais juste les faire rire pour qu'ils oublient leurs soucis. Parfois même des personnes que j'imite, m'appellent pour m'encourager.
Qui sont ces personnes?
(Il sourit) ! Je peux citer maitre Elhadji Diouf, Amath Dansokho, Madické Niang et beaucoup d'autres personnes. Mais il y a des personnes que j'imite que je n'ai jamais eu l'occasion de les rencontrer ou d'avoir une audience avec elles. Mais moi ce qui m'intéresse c'est l'actualité c'est pourquoi j'imite toujours les gens qui font l'actualité.
Votre travail demande beaucoup de documentation ?
Effectivement, il faut comme je l'avais dit lever très tôt. Sinon vous êtes obligés de rattraper l'actualité à la revue de presse de 12h ou 13h.
On vous entendait parler de Sindiély Wade, la fille du Président Wade. Mais maintenant ce n'est plus le ca. Qu'est ce qui est arrivé entre Sindiély et vous ?
Sindiély, depuis le FESMAN (NDLR : festival mondial des arts nègres) je suis fâché contre elle. Les organisateurs du Festival ont zappé les comédiens durant tout le FESMAN. Le festival était l'occasion pour nous de montrer à la face du monde qu'il y a au Sénégal des comédiens qui font de belles choses. Mais du début à la fin, je n'avais pas vu un plateau où il y avait des spectacles de rires. Et Sindiély je disais que c'est ma femme imaginaire. Depuis 2000, je ai déclaré mon amour. Elle ne devait pas me zapper du FESMAN.
Vous parlez de mariage imaginaire entre Sindiély et vous. Est ce que vous vous êtes une fois rencontrés ?
Oui je l'avais rencontrée. C'était après juste un spectacle. Elle m'avait dit qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de me rencontrer mais elle était ravie de me rencontrer et qu'un jour elle aimerait assister à mon spectacle.
Est-ce que parmi les humoristes Sénégal, il y a un qui peut vous faire rire ?
(Il marque une pause) Oui, tonton Adda et Silleu Mounial (NDLR : deux humoristes de la Rfm) me font rire chaque jour quand je les écoute.
Pourquoi ces deux là seulement ? Pourtant il existe au Sénégal d’autres comédiens.
Oui mais moi j’aime bien ce que font ces deux. Ils font comme moi en traitant l’actualité. Ils n’inventent rien. Tout ce qu’ils disent certes y a de l’humour mais c’est de l’actualité.
Est-ce que il vous arrive d’aller aux funérailles ?
(Il sourit) Oui je vais aux funérailles mais j’y vais comme un simple citoyen. Parfois j’essaie d’être inaperçu.
Vous êtes nommé chef du desk comédie à la Tfm. Comment travaillez- vous à la Tfm comme chef d’un Desk ?
Je travaille avec une équipe composée d' artistes mais d’autres personnes qui ne sont ni artistes ni comédiens. Nous sommes en train de préparer des sketchs que les comédiens qui évoluent au niveau du théâtre sénégalais vont produire. Bientôt vous découvrirez ces théâtres à la Tfm.
Vous cohabitez avec vos anciens collègues de Walfadjiry ? Comment voyez ça ?
(Il sourit) Parfois je me dis que si je ne suis pas toujours à Walf. Il y a Papis Diaw, Aïssatou Diop Fall, Pape Ngagne Ndiaye, Mamadou Ibra Kane etc. Mais pour moi c’est normal car ces gens là sont des meilleurs dans leurs domaines.
Comment travaillez-vous avec Aïssatou Diop Fall ? Il parait que vous aviez des problèmes avec elle.
Non Aïssatou est ma sœur. C’est vraiment que nous avions des problèmes mais maintenant tout ça est derrière nous. Franchement nous avons maintenant de très bonnes relations.
Propos recueillis par Saliou SECK
Moussa Sarr, porte parole de la Ligue démocratique (LD)
« Ce ticket pose beaucoup de problème »
La Ligue démocratique condamne le projet de loi instituant l’élection simultanée du président de la république et de son vice-président. Dans cet entretien, Moussa Sarr, porte parole de ce parti, fustige l’attitude du président de la République et dévoile le plan de Bennoo siggil Sénégal pour contrecarrer ce projet de loi.
La Ligue démocratique condamne le projet de loi instituant l’élection simultanée du président de la république et de son vice-président. Dans cet entretien, Moussa Sarr, porte parole de ce parti, fustige l’attitude du président de la République et dévoile le plan de Bennoo siggil Sénégal pour contrecarrer ce projet de loi.
Comment avez –vous accueilli ce projet de loi instituant l’élection simultanée du président et du Vice-président ?
Nous avons accueilli ce projet de loi du président de la République qui doit probablement être voté demain jeudi 23 juin par l’Assemblée nationale avec grande déception, de tristesse. Cela montre que le président Wade a décidé de mettre en cause tous les acquis démocratiques qui sont conquis dans ce pays au terme de multiples sacrifices des décennies durant par des générations. C’est pourquoi nous pensons que ce ticket pose plusieurs problèmes. D’abord le Sénégal est un petit pays qui n’a pas besoin d’un vice-président. Depuis 2009 que le président a décidé d’instituer le poste du vice-président, le poste est vacant. Le deuxième problème le plus grave, c’est la suppression de fait du 2eme tour. Il est proposé quelque part dans le texte que le ticket qui arriverait en tête avec seulement 25% au premier tour gagnerait l’élection présidentielle. Au niveau de la Ligue démocratique, nous avons dénoncé ce projet. Nous appelons l’ensemble de nos militants et sympathisants, la coalition Bennoo siggil Sénégal, les chefs religieux, l’armée, l’ensemble des segments de la population à prendre ses responsabilités. Chacun ce qui le concerne parce que nous sommes en train de construire une démocratie. En 2000, Abdou Diouf avait perdu l’élection présidentielle avec 41%. Donc si en 2011, Abdoulaye Wade nous propose 25% pour passer, nous estimons que c’est inacceptable parce ce que c’est un recul de la démocratie. Pour cette raison là, nous sommes décidés à combattre ce projet de loi.
Mais comment allez-vous faire pour le combattre ?
Ce que nous sommes en train de faire d’abord, c’est de dénoncer publiquement ce projet de loi. Ensuite depuis avant hier (NDLR : lundi 20 juin) vous avez vu des segments de la population, notamment les jeunes des partis de l’opposition, ont commencé à investir la rue. Bennoo siggil Sénégal travaille de concert avec la société civile. Nous encourageons cette synergie au niveau de la Ligue démocratique parce que ce problème n’interpelle pas seulement les partis politiques. Ce problème interpelle l’ensemble de la société sénégalaise. C’est pourquoi, les partis politiques, les organisations de la société civile doivent travailler de concert et c’est cela qui est en train de se faire pour ensemble dégager des actions concrètes. Nous appelons l’ensemble de nos militants à joindre leurs actions concrètes qui seront décidées sur le terrain à Dakar, partout à travers le pays. Il faut aussi se rendre au niveau des partenaires du Sénégal qui sont les ambassadeurs, les partenaires au développement. Le secrétariat exécutif permanent (SEP) de la Ligue démocratique s’est réuni hier et nous lançons un appel à la CEDEAO, l’UA, l’ONU pour que ces organisations de la communauté internationale puissent assurer entièrement leurs responsabilités et demandent au président de la République de revenir sur ce projet de loi là. Si jamais ce projet passe le Sénégal ne sera pas à l’abri de convulsions dramatiques. La communauté internationale ne doit pas attendre que les conséquences arrivent pour réagir.
Vous parliez de suppression du 2eme tour mais pour maitre Babou (NDLR : président de la commission des lois à l’assemblée) ce projet de loi ne supprime pas le 2eme tour ?
(Il coupe)Il supprime de fait le 2eme tour parce qu’un président de la République sortant, il lui est facile avec tous les moyens dont il dispose d’avoir 25% au premier tour. Le problème n’est pas cela. Même nous, au niveau de la Bennoo siggil Sénégal, si notre candidat gagne avec 25%, nous pensons qu’il sera un président illégitime. Il est inacceptable qu’un président soit élu avec 25% des suffrages exprimés. Cela signifie qu’il y a 75% qui sont contre lui et il ne sera pas légitime. Ça va créer des problèmes au niveau du pays. Telles que les dispositions sont énoncées par le projet actuel, de fait, le 2eme tour sera supprimé.
Ce qui vous dérange au niveau de ce projet de loi, c’est la question de la légitimité du président et son colistier ?
Oui , parce qu’un président doit être légitime. Il faut au moins la moitié des suffrages exprimés c’est-à-dire 50% ou 51% au moins pour être élu. Il n’y a aucun pays au monde qui élit son président avec 25%. Dans les pays où il n’y a pas de 2eme tour comme en Argentine, il est exigé 40% pour gagner au premier tour. Ce qui nous gène aussi dans ce projet de loi, c’est le ticket qui n’a pas de sens, mais ce qui est dramatique, c’est la suppression de fait du second tour. C’est pour cela qu’on demande à l’ensemble des Sénégalais de s’opposer avec tous les moyens.
Certains disent que ce projet de loi va régler le problème de la dévolution monarchique du pouvoir ?
(Il coupe) Non c’est faux. Ce sont les laudateurs du président de la République qui veulent faire croire au peuple que la dévolution monarchique du pouvoir n’existera pas. Si vous lisez bien les dispositions du projet actuel, vous verrez qu’un ticket sera élu et le président élu s’il venait à être indisponible pour l’exercice de la fonction du président en cas de vacance du pouvoir, le vice-président va passer président et il va nommer un vice-président. Et ce dernier qui sera nommé peut parfaitement être le fils du président. Et c’est ça qui est curieux. Le vice-président, qui est devenu président en vacance du pouvoir, peut nommer qui il veut. Il peut nommer Karim Wade, le fils du président. Quelque temps après, le président peut démissionner de son poste et le vice-président qui est ici le fils du président va passer président de la République. Donc c’est faux de dire qu’il va mettre fin au débat de la succession monarchique du pouvoir.
Et si le projet passe, quelle sera l’attitude de l’opposition ?
Probablement demain, l’Assemblée nationale va voter le projet car nous ne sommes pas à l’Assemblée et nous avons des députés qui sont à la solde du président. On a entendu des députés dire qu’ils sont des députés de Wade. Nous ne faisons pas d’illusion. Cette majorité mécanique va voter ce projet. Maintenant, une fois que la loi est votée, Bennoo siggil Sénégal va se réunir et va apprécier à nouveau et prendre des dispositions nouvelles.
Donc peut-on s'attendre à une descente dans la rue de Bennoo siggil Sénégal ?
Oui, nous demandons à ce que les populations investissent la rue parce qu’on est arrivé à la conclusion selon laquelle les simples dénonciations ne suffisent pas. Avec ce président là, le peuple doit rester debout, occuper la rue comme cela se fait partout à travers le monde notamment au Maghreb. Je crois que la leçon est là. En Tunisie, en Egypte, on nous a offert une leçon que nous devons méditer pour prendre en charge notre destin.
Propos recueillis par Saliou SECK
mardi 28 juin 2011
Résumé de la loi sur les transactions électroniques
Adoptée par l'assemblée nationale en sa séance du vendredi 30 novembre 2007 et par le Sénat en sa séance du mardi 15 janvier 2008 , la loi portant sur les transactions électroniques a été promulguée par le Président de la République. Elle comporte quatre titres. Dans le titre premier, intitulé liberté de communication par voie électronique., le législateur prévoit les limites de la communication par voie électronique dans le respect de la dignité de la personne humaine, de la liberté et de la propriété d'autrui, les besoins de la défense nationale entre autres points. Au menu de ce titre, le législateur a défini dès le début le sens de cette loi. Les personnes qui utilisent les TIC doivent permettre à leurs abonnés de restreindre l'accès à certains services. Les personnes qui fournissent des services gratuits ne peuvent pas voir leur responsabilité pénale engagée à raison des informations stockées à la demande d'un destinataire. Si elles n'avaient pas connaissance de l'activité illicite. Elles ne sont pas obligées de surveiller les informations qu'elles transmettent mais elles ont l'obligation d'informer aux autorités de toute activité illicite. Les personnes qui éditent au service de communication au public sur l'internet doivent s'identifier qu'elles soient les personnes physiques ou morales contrairement aux personnes éditant à titre non professionnel. Au titre II, consacré au commerce électronique, la loi définit ce concept en son article 8 du titre II comme étant l'activité économique par laquelle une personne propose ou assure à distance et par voie électronique la fourniture de biens et la prestation de services. Ce commerce s'exerce librement au Sénégal sauf dans les jeux d'argent, l'assistance en justice et les activités notariales. Il est soumis à la loi de l'État sur le territoire où il réside. Dans le titre III, intitulé mécanismes de sécurisation des transactions électroniques, la voie électronique peut être utilisée pour mettre à disposition des conditions contractuelles. Les parties peuvent faire des échanges si elles acceptent ce moyen en vérifiant la saisie. Si le contrat porte sur une somme supérieure à 20 000f cfa, le contractant professionnel doit conserver l'écrit pendant 10 ans et il doit être accessible, lisible et conservé sous sa forme d'origine. Ces données garantissent l'authenticité de l'origine. Pour ce loi, dans un litige, la preuve incombe au fournisseur qui demande l'exécution d'une obligation. Dans le titre IV qui traite de la transmission par voie électronique des documents ou actes administratifs, le législateur prévoit dans l'article 43, que tous les échanges d'information, de documents ou des actes administratifs peuvent faire l'objet d'une transmission par voie électronique.
Saliou SECK
Inscription à :
Articles (Atom)



