jeudi 16 février 2012
Marché Sandaga : Les candidats persona non grata
Les commerçants du marché Sandaga ne sont pas contents du passage des caravanes des candidats à Sandaga. Selon eux, les hommes politiques ne sont que des marchands d’illusion et ne se préoccupent que de leurs intérêts personnels.
Le marché Sandaga de Dakar, véritable magma humain, est très prisé en cette période de campagne électorale par les politiciens à la pêche aux voix. Certains candidats ont foulé le sol de ce marché. En mardi, juste après le passage de la caravane du candidat socialiste, Ousamane Tanor Dieng, les commerçants de Sandaga fulminent. « Je ne sais pas pourquoi ils viennent ici pour nous pomper l’air. Ils sont tous égaux. On ne les voit ici que lors de la campagne électorale», peste un marchand ambulant. Il ajoute : « Ils sont là que pour leurs propres intérêts. Ils sont pires que Wade». Si certains n’apprécient pas leur présence sur les lieux, d’autres s’offusquent sur le modus operandi des hommes politiques. « Leurs gardes rapprochées nous violentent. C’est vrai que les candidats ne sont au courant de rien, mais ils doivent revoir leur démarche», conseille Ibrahima Faye, la trentaine, debout près de son étal. Et de poursuivre, « Ils sont tous violents. Avant-hier c’était la même chose avec Idrissa Seck. Aujourd’hui, c’est avec Tanor. Ce n’est pas cela qui leur permettra de gagner l’élection présidentielle », poursuit Faye. Selon ce vendeur de chemises, les commerçants n’ont même pas eu le temps d’écouter leurs discours à cause des agissements de leurs « nervis ».
Les commerçants suggèrent aux candidats membres du M23 de sillonner le pays pour espérer gagner. « Ils doivent aller hors de Dakar pour battre campagne. Je viens de Sagatta, mais je n’ai vu que les posters de Abdoulaye Wade», affirme M. Faye. Pour lui, « une élection ne se gagne pas à la Place de l’Obélisque».
A quelques mètres de Ibrahima Faye se trouve la «place» ou l’étal de Mame Cheikh Mbaye, un commerçant originaire de la ville de Louga. Ils estiment que les candidats qui ont effectué un passage à Sandaga, n’ont pas tenu un discours convaincant, à l’exception de Cheikh Bamba Dièye. « Il est jeune et il tient un discours intéressant», se réjouit Mame Cheikh.
Certains dénotent aussi le « manque de programme de l’opposition ». Pour Alioune Badara Diouf, certains candidats « sont simplement venus ici pour nous dire que Wade ne doit pas se présenter», constate-t-il. Selon M. Diouf, « le maire de Dakar, Khalifa Sall, nous a promis après la victoire de son candidat de nous donner des sites. Je pense que ce sont des déclarations politiciennes».
jeudi 9 février 2012
Candidate à l’élection présidentielle : Amsatou Sow Sidibé notée par ses étudiantes et collègues
En grève depuis le mois de décembre, les étudiants de l’Ucad ont choisi l’élection présidentielle du 26 février comme sujet à débattre.A la faculté de droit, ils donnent leurs avis sur les différents candidats.Surtout sur leur professeur Amsatou Sow Sidibé.Pour les étudiants juristes et certains de leurs professeurs, Amsatou Sow Sidibé a toutes les capacités intellectuelles pour diriger le Sénégal mais ses chances de remporter le scrutin sont minimes.
La campagne électorale bat son plein. Les candidats sillonnent le pays pour convaincre les militants. A l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, les candidats n’ont pas encore tenu de meeting dans l’espace universitaire mais les débats sur la campagne électorale occupent une bonne partie des discussions des étudiants. A la faculté des sciences juridiques et politiques, c’est le calme plat. Dans les amphis A et B, quelques étudiants trouvés sur les lieux discutent sur la grève du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes). ‘Aidez-nous à sensibiliser les autorités sur la grève du Saes. Nous sommes fatigués. Depuis le mois d’octobre, nous n’avons pas fait cours’, se lamente cet étudiant, sous couvert de l’anonymat. Certains étudiants se promènent sur le hall des amphis.
D’autres commentent la candidature d’un de leurs professeurs, Amsatou Sow Sidibé, investie par le Parti pour la démocratie et la citoyenneté (Pdc). Ibrahima Diop, sac en bandoulière loue les qualités de son professeur. ‘Nous sommes fiers de voir Amsatou Sow Sidibé comme candidate. Elle a des qualités pour diriger le Sénégal. C’est intéressant d’avoir une femme juriste candidate’, affirme M. Diop, étudiant en 2e année de droit. Même réaction du côté de Khardiatou Sy, étudiante en Licence 3. Pour cette étudiante en voile, teint clair, la candidature d’Amsatou Sow Sidibé ne l’a pas surprise. ‘Je suis une ancienne étudiante de Amsatou Sow Sidibé. Sa candidature ne m’a pas surpris car elle est vertueuse, ambitieuse compétente et battante’, confie-t-elle.
Son camarade, Papa Guèye, étudiant en 2e année abonde dans le même sens. Selon lui, ‘Amsatou a des capacités physiques et intellectuelles pour être élue à la magistrature. Elle est courageuse et elle respecte son travail. Elle faisait bien son cours en parfaite collaboration avec les étudiants’. Il regrette du fait que sa candidature ne soit pas médiatisée. ’Ses chances sont minimes car les électeurs n’aiment voter que les politiciens professionnels. C’est pourquoi, elle devait soutenir un candidat en attendant 2019 pour se présenter’, regrette M. Gueye.
Du côté des professeurs, leur collègue est crédible pour briguer les suffrages des Sénégalais. Ousmane Khouma, professeur en droit public et sciences politiques, trouvé dans la salle des professeurs déclare que : ‘Amsatou a toutes les qualités d’un président de la République. C’est une femme battante, respectueuse qui aime travailler pour son pays. C’est tout un honneur d’avoir Amsatou Sow Sidibé comme candidate’. Abbass Ndiaye du service courrier estime que ‘Amsatou Sow Sidibé peut être président de n’importe quel pays. Elle est brillante et c’est une patriote. Je prie pour qu’elle remporte cette élection’. Au-delà de ses appréciations positives, le professeur de droit civil est aussi soutenu par ses pairs. Selon M. Ndiaye, ‘beaucoup de collègues sont membres de son directoire de campagne’.
Cependant, certains étudiants ne sont pas convaincus de ses discours et programme. Pour Khardiatou Sy, les chances de la présidente du Convergence des acteurs pour la défense des valeurs républicaines (Car/Lenen) sont minimes. ‘Elle n’a pas bien préparé sa candidature. La majorité des Sénégalais ne la connaissent pas. Mais comme c’est la première fois, ça lui permet d’avoir une expérience’. Et d’ajouter que, ’malgré tout, il y a dans cette faculté des comités de soutien à Amsatou Sow Sidibé’. Trouvé dans le jardin de la faculté de droit, Ndèye Alassane Guèye, très affectée par la grève du Saes, n’est pas convaincue par le discours de la candidate du Pdc. D’autres étudiants sous couvert de l’anonymat vont plus loin. Pour ce militant du professeur Ibrahima Fall,‘La candidature de Amsatou Sow Sidibé n’est pas sérieuse’.
Saliou SECK
samedi 31 décembre 2011
Candidat de Bennoo alternative 2012 : Abdou Latif Coulibaly mise sur les ‘vrais Sénégalais’
Abdou Latif coulibaly est déterminé à faire la politique autrement.Le journalise, candidat à l’élection présidentielle, a décidé avec les Volontaires républicains pour l’alternance et l’innovation au Sénégal (Vrais) de mener une campagne électorale par un financement légitime.Dans son face-à-face avec les journalistes, il a, par ailleurs, déploré l’attitude de la police dans l’affaire Barthélemy Dias.
Bennoo Alternative et son candidat, Abdou Latif Coulibaly, ont organisé une conférence de presse, hier au quartier général de la coalition situé au Point E, sur l’avenue Cheikh Anta Diop. Abdou Latif Coulibaly, a, dès l’entame de son propos, précisé qu’il ne fait plus partie de la famille journalistique. L’ancien patron de la Gazette a affirmé que sa coalition a déjà réalisé 60 % de ses engagements qui se résument à deux points : Choisir un candidat de ‘l’unité et de rassemblement’ et le mettre dans de meilleures conditions de travail. Selon le candidat de Bennoo Alternative, l’objectif de ce face-à-face avec les journalistes est de déterminer leur méthode de campagne pour l’élection présidentielle de 2012. La coalition Bennoo alternative et son candidat ont décidé de faire la politique autrement : ‘Nous allons mettre en place des comités des volontaires républicains pour l’alternance et l’innovation au Sénégal (les VRAIS)’, a déclaré M. Coulibaly. Et d’ajouter que, ‘Ces Vrais vont organiser leur propre vote et vont sensibiliser les citoyens à voter car les citoyens doivent jouer un rôle fondamental pour le choix du président’.
Pour le financement de sa campagne, le journaliste a annoncé que sa coalition va procéder à une campagne de souscriptions financières par les Vrais qui, selon lui est un ‘mode de financement légitime’. Abdou Latif Coulibaly promet en outre de faire une campagne à la hauteur de ses moyens. ‘Contrairement aux partis politiques qui distribuent des milliards pour la campagne, Bennoo alternative va mettre le citoyen au cœur du dispositif. Ce sont les citoyens à la base qui mettent en place leur comité de Vrais et les proposent au sommet. Nous ne viendrons pas à la base pour désigner leurs dirigeants’, rappelle le candidat de Bennoo alternative. L’auteur du livre ‘Comptes et Mécomptes de l’Anoci’ souligne que sa candidature est ’innovante’.
Réagissant sur l’affaire Barthélemy Dias, Abdou Latif Coulibaly affirme que, ‘l’impunité est érigée en règle dans ce pays avec l’affaire Talla Sylla et autres’. Pour le journaliste candidat à l’élection présidentielle, la police a fait une ‘mauvaise enquête c’est pourquoi le dossier est confié maintenant à la gendarmerie’.
Sur l’indépendance des magistrats, il déclare que dès son élection, le Conseil supérieur de la magistrature ne va plus dépendre de la présidence de la République. Non sans ajouter qu’il va autoriser les magistrats à créer des syndicats pour qu’ils puissent dénoncer l’immixtion du pouvoir exécutif. Bennoo alternative et son candidat ont décidé d’organiser des conférences de presse chaque vendredi pour revenir sur l’évolution de leurs actions.
Saliou SECK
Bennoo Alternative et son candidat, Abdou Latif Coulibaly, ont organisé une conférence de presse, hier au quartier général de la coalition situé au Point E, sur l’avenue Cheikh Anta Diop. Abdou Latif Coulibaly, a, dès l’entame de son propos, précisé qu’il ne fait plus partie de la famille journalistique. L’ancien patron de la Gazette a affirmé que sa coalition a déjà réalisé 60 % de ses engagements qui se résument à deux points : Choisir un candidat de ‘l’unité et de rassemblement’ et le mettre dans de meilleures conditions de travail. Selon le candidat de Bennoo Alternative, l’objectif de ce face-à-face avec les journalistes est de déterminer leur méthode de campagne pour l’élection présidentielle de 2012. La coalition Bennoo alternative et son candidat ont décidé de faire la politique autrement : ‘Nous allons mettre en place des comités des volontaires républicains pour l’alternance et l’innovation au Sénégal (les VRAIS)’, a déclaré M. Coulibaly. Et d’ajouter que, ‘Ces Vrais vont organiser leur propre vote et vont sensibiliser les citoyens à voter car les citoyens doivent jouer un rôle fondamental pour le choix du président’.
Pour le financement de sa campagne, le journaliste a annoncé que sa coalition va procéder à une campagne de souscriptions financières par les Vrais qui, selon lui est un ‘mode de financement légitime’. Abdou Latif Coulibaly promet en outre de faire une campagne à la hauteur de ses moyens. ‘Contrairement aux partis politiques qui distribuent des milliards pour la campagne, Bennoo alternative va mettre le citoyen au cœur du dispositif. Ce sont les citoyens à la base qui mettent en place leur comité de Vrais et les proposent au sommet. Nous ne viendrons pas à la base pour désigner leurs dirigeants’, rappelle le candidat de Bennoo alternative. L’auteur du livre ‘Comptes et Mécomptes de l’Anoci’ souligne que sa candidature est ’innovante’.
Réagissant sur l’affaire Barthélemy Dias, Abdou Latif Coulibaly affirme que, ‘l’impunité est érigée en règle dans ce pays avec l’affaire Talla Sylla et autres’. Pour le journaliste candidat à l’élection présidentielle, la police a fait une ‘mauvaise enquête c’est pourquoi le dossier est confié maintenant à la gendarmerie’.
Sur l’indépendance des magistrats, il déclare que dès son élection, le Conseil supérieur de la magistrature ne va plus dépendre de la présidence de la République. Non sans ajouter qu’il va autoriser les magistrats à créer des syndicats pour qu’ils puissent dénoncer l’immixtion du pouvoir exécutif. Bennoo alternative et son candidat ont décidé d’organiser des conférences de presse chaque vendredi pour revenir sur l’évolution de leurs actions.
Saliou SECK
samedi 24 décembre 2011
Après une journée marathon au commissariat : Son arme confisquée, Barthélemy Diaz repasse aujourd’hui
Barthélemy Dias a été libéré hier après des heures passées au commissariat. Son arme lui a été retirée.Convoqué pour les besoins de l’enquête sur la mort de Ndiaga Diouf, le maire de Mermoz-Sacré Cœur doit repasser aujourd’hui devant à la police centrale.Il a par ailleurs fait, hier, des aller-et-retour entre le commissariat et son domicile.Le film d’une journée- marathon.
Barthélemy Diaz a finalement déféré hier à sa convocation au commissariat central de Dakar. L’audition du maire de Mermoz-Sacré-Cœur s’est déroulée sous une haute surveillance policière durant toute la journée. L’accès au commissariat a été complètement filtré. Devant la rue qui mène au commissariat, des policiers sont stationnés pour vérifier l’identité des personnes. Seules, les personnes qui viennent chercher des papiers administratifs sont autorisées à entrer. L’accès aux lieux est interdit également aux journalistes, usagers et vendeurs de journaux et cartes de recharge téléphonique qui avaient l’habitude d’y passer et d’écouler leurs produits.
Annoncé à 10 h, le jeune socialiste, accompagné de ses lieutenants et du maire de Dakar Khalifa Sall, arrive au commissariat à 13 h 25 mn. Il est habillé d’un pantalon en jean et d’une veste en cuir. Dès son arrivée à la police, les jeunes du Mouvement du 23 juin (M23), scandent ‘Libérez Barthélemy!’. Ce qui provoque une dispute entre le commissaire Arona Sy et les jeunes. ‘Je suis un homme libre, je suis en train de faire une enquête et je vous demande de vider les lieux pour que je puisse faire mon travail correctement’, menace le commissaire Sy. Et d’ajouter, ‘Personne ne peut faire une pression sur moi (sic)’. Les jeunes du Mouvement du 23 juin déplorent l’attitude de la police. Selon le rappeur Bibson, ‘Il est anormal que Barthélemy soit maintenu dans les liens de détention alors que les nervis arrêtés ont été libérés’, dénonce-t-il.
Barthélemy Dias ressort du commissariat, en compagnie du commissaire, mais aussi de Khalifa Sall qui tient le volant, pour se rendre chez lui. C’est pour récupérer l'arme du crime et le remettre aux limiers.
Après deux heures d’interrogation, Barthélemy Diaz, à bord du véhicule du maire de Dakar, Khalifa Sall, accompagné par le commissaire Arona Sy se rendent à son domicile. A sa sortie du commissariat, il lançait ces mots aux journalistes ‘Rien a encore commencé, permettez-moi de rentrer chez moi, je vais vous contacter’. Après des moments passés chez les Dias, ils reviennent au commissariat pour un nouveau face-à-face avec les limiers.
A sa sortie du commissariat vers 18 h, le responsable socialiste file tout droit à la place de l’Obélisque pour assister au Congrès du peuple. Barthélemy est accueilli comme un super héro par les membres du M23. ‘Je vais retourner demain à 11 heures à la police centrale. L’enquête peut durer des jours voire des semaines’ a-t-il déclaré sous les applaudissement de la foule.
Saliou SECK
mercredi 29 juin 2011
Canal 4 de la Gueule Tapée
Les maux des vendeurs de mobiliers de maison.
Les commerçants installés à Gueule Tapée aux abords du canal 4 vivent un véritable calvaire. Ils n’arrivent plus à vendre leurs produits. En plus de cela, ils sont exposés à certaines maladies du fait de l’odeur du canal à ciel ouvert.
Des armoires, des lits, des tables de tous genres avec des miroirs qui brillent donnent un décor magnifique aux abords du canal 4 de la Gueule Tapée. Ce décor s’oppose avec ce que les menuisiers et commerçants vivent sur ces lieux. Ils n’arrivent plus à écouler leurs produits. Les meubles importés leur portent un sacré préjudice. Vêtu d’une chemise bleue et d’un jean, le visage crispé, Thierno Lô confie « Les meubles importés nous portent préjudice. Les Sénégalais n’achètent plus la production locale ». Selon lui les clients préfèrent les meubles venant de Dubaï ou de la Chine qui sont chers et pas de qualité. « Les Sénégalais sont bourrés de complexes. Ils aiment acheter une chambre à coucher importée à plus d’un million alors que chez nous elle coûte moins » affirme t-il. Même son de cloche chez Demba Guissé, trouvé en train de nettoyer ses meubles. « Franchement, rien ne marche ici. Les clients viennent rarement. On peut rester une semaine sans voir un client » explique t-il. Selon lui les Sénégalais achètent les meubles importés qui ne sont pas bonne qualité. « Nos meubles sont plus garantis, on vend de la qualité alors que ceux qu’on importe sont des jetables, on s’en débarrasse au bout d’un an » déclare t-il. Déguerpis de la corniche Ouest à l’occasion des chantiers de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), les vendeurs de meubles de maisons reprochent à l'État de ne pas réglementer leur secteur. « Au temps de Abdou Diouf, n'y avait pas de meubles importés. Nous faisions de bons chiffres d’affaires. Mais avec l’alternance, les Sénégalais ont commencé à faire des importations. Ce qui ne nous arrange pas » déplore Lamine Danfa, vêtu d’un maillot de l’équipe nationale de football du Sénégal. Selon lui les Dakarois choisissent d’aller à ORCA (vendeur de meubles importés) pour faire leurs achats.
Ces menuisiers et vendeurs subissent d’autres difficultés. Amadou Gueye, assis sur une chaise en train d’astiquer une armoire, souffre de l’odeur du canal 4 qui sépare les quartiers Fann Hock et Gueule Tapée. « La forte odeur qui se dégage du canal avec ses vapeurs participent à la dégradation rapide du bois » révèle t-il. A quelques pas d’Amadou, se trouve Abdoulaye Diop qui selon lui l’odeur qui dégage donne des maladies comme la tuberculose.
Saliou SECK
Samba Sine alias Kouthia, Comédien et animateur à la Rfm et Tfm
que j'évolue dans le monde de la comédie »
L’humoriste de la Radio futurs médias (rfm) et Télévision futurs médias (tfm) apprécie l’organisation des Sédar et Micro d’or. Dans cet entretien, Samba Sine alias Kouthia est revenu sur sa manière de préparer les émissions qu’il anime pour le Groupe futurs médias. Il a par ailleurs décliné ses perspectives en tant chef de desk comédie de la TFM.
Vous êtes primé meilleur humoriste du Sénégal lors de la cérémonie du micro d'or. Qu'est ce que cela vous fait ?
Je suis vraiment très content parce que je l'attendais très longtemps. Ça fait juste 22 ans que j'évolue dans le monde de la comédie, de l'humour. Il est arrivé au moment.
Que pensez-vous de cette initiative ?
C'est une bonne initiative. Je pense que les organisateurs ont mis en valeur ce prix pour montrer aussi que ce n’est pas seulement les musiciens, les écrivains qui doivent être primés. C'est première fois que je vois qu'on décerne un prix comme le Sédar ou micro d'or à un comédien. Cela prouve que maintenant les gens commencent à distinguer ce que nous faisons. Et cela va nous motiver plus travailler. Je félicite les organisateurs.
Donc vous saluez l'initiative ?
Absolument ! Recevoir un prix en direct de la télévision est un honneur pour moi. Je me rappelle à l'école primaire, lorsque qu'un élève a un tableau d'honneur, il se vante en disant que j'ai reçu une distinction, je suis meilleur élève de la classe. Et ce prix montre qu'aussi je suis meilleur des humoristes sénégalais. Depuis longtemps les gens ont l'habitude de recevoir des prix en direct de la télévision et cela me motive pour accéder au niveau supérieur.
Actuellement vous êtes incontournable à la radio comme à la télévision. Comment avez vous fait pour accéder à ce niveau ?
(Il coupe). C'est un long travail parce que moi je fais de la comédie musicale, de l'humour, de l'imitation. Ce n’est pas facile d'imiter un personnage car si jamais vous ratez l'imitation, vous passez à côté. Il faut cadrer le personnage à imiter, travailler sur la façon dont il parle et dont il s'habille, avoir un niveau intellectuel pour être à la hauteur de l'information pour le bien traiter. Et cela demande beaucoup de travail. Parfois il faut changer de méthodes, essayer de voir les choses qui vont intéresser le public, améliorer ce qu'on fait et essayer de le professionnaliser. Les comédiens doivent faire comme les musiciens c'est-à-dire faire des recherches pour être à la hauteur.
Vous traitez à la radio comme à la télévision des questions d'actualité. Comme sélectionnez-vous les questions à aborder ?
Je sus toutes les radios et toutes les télévisions. Je lis aussi tous les journaux, magazines et hebdomadaires. Je me lève aussi très tôt pour écouter les revues de presse de la Rfm, de Walfadjiri, de Zikfm etc. Je le fais parce que je suis obligé d'être au diapason de l'actualité pour permettre aux auditeurs et téléspectateurs de savoir ce qui se passe au Sénégal et dans le monde.
Vous imitez des personnes de hautes autorités comme les membres du gouvernement et même le président Wade. Avez-vous une fois rencontré des problèmes avec ces personnes ?
(Il coupe). Non, je n'ai jamais rencontré des problèmes car moi je me base à l'actualité. Je fais du satirique et je suis obligé de respecter les normes. Au Sénégal comme en partout en Afrique, la culture africaine et surtout celle sénégalaise ne nous permet pas de dire n'importe quoi sur une personne. Si même l'actualité est triste, je peux changer cette tristesse en humour et les gens vont comprendre que je voulais juste les faire rire pour qu'ils oublient leurs soucis. Parfois même des personnes que j'imite, m'appellent pour m'encourager.
Qui sont ces personnes?
(Il sourit) ! Je peux citer maitre Elhadji Diouf, Amath Dansokho, Madické Niang et beaucoup d'autres personnes. Mais il y a des personnes que j'imite que je n'ai jamais eu l'occasion de les rencontrer ou d'avoir une audience avec elles. Mais moi ce qui m'intéresse c'est l'actualité c'est pourquoi j'imite toujours les gens qui font l'actualité.
Votre travail demande beaucoup de documentation ?
Effectivement, il faut comme je l'avais dit lever très tôt. Sinon vous êtes obligés de rattraper l'actualité à la revue de presse de 12h ou 13h.
On vous entendait parler de Sindiély Wade, la fille du Président Wade. Mais maintenant ce n'est plus le ca. Qu'est ce qui est arrivé entre Sindiély et vous ?
Sindiély, depuis le FESMAN (NDLR : festival mondial des arts nègres) je suis fâché contre elle. Les organisateurs du Festival ont zappé les comédiens durant tout le FESMAN. Le festival était l'occasion pour nous de montrer à la face du monde qu'il y a au Sénégal des comédiens qui font de belles choses. Mais du début à la fin, je n'avais pas vu un plateau où il y avait des spectacles de rires. Et Sindiély je disais que c'est ma femme imaginaire. Depuis 2000, je ai déclaré mon amour. Elle ne devait pas me zapper du FESMAN.
Vous parlez de mariage imaginaire entre Sindiély et vous. Est ce que vous vous êtes une fois rencontrés ?
Oui je l'avais rencontrée. C'était après juste un spectacle. Elle m'avait dit qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de me rencontrer mais elle était ravie de me rencontrer et qu'un jour elle aimerait assister à mon spectacle.
Est-ce que parmi les humoristes Sénégal, il y a un qui peut vous faire rire ?
(Il marque une pause) Oui, tonton Adda et Silleu Mounial (NDLR : deux humoristes de la Rfm) me font rire chaque jour quand je les écoute.
Pourquoi ces deux là seulement ? Pourtant il existe au Sénégal d’autres comédiens.
Oui mais moi j’aime bien ce que font ces deux. Ils font comme moi en traitant l’actualité. Ils n’inventent rien. Tout ce qu’ils disent certes y a de l’humour mais c’est de l’actualité.
Est-ce que il vous arrive d’aller aux funérailles ?
(Il sourit) Oui je vais aux funérailles mais j’y vais comme un simple citoyen. Parfois j’essaie d’être inaperçu.
Vous êtes nommé chef du desk comédie à la Tfm. Comment travaillez- vous à la Tfm comme chef d’un Desk ?
Je travaille avec une équipe composée d' artistes mais d’autres personnes qui ne sont ni artistes ni comédiens. Nous sommes en train de préparer des sketchs que les comédiens qui évoluent au niveau du théâtre sénégalais vont produire. Bientôt vous découvrirez ces théâtres à la Tfm.
Vous cohabitez avec vos anciens collègues de Walfadjiry ? Comment voyez ça ?
(Il sourit) Parfois je me dis que si je ne suis pas toujours à Walf. Il y a Papis Diaw, Aïssatou Diop Fall, Pape Ngagne Ndiaye, Mamadou Ibra Kane etc. Mais pour moi c’est normal car ces gens là sont des meilleurs dans leurs domaines.
Comment travaillez-vous avec Aïssatou Diop Fall ? Il parait que vous aviez des problèmes avec elle.
Non Aïssatou est ma sœur. C’est vraiment que nous avions des problèmes mais maintenant tout ça est derrière nous. Franchement nous avons maintenant de très bonnes relations.
Propos recueillis par Saliou SECK
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